jeudi 9 juillet 2009

La Culture Andronovo (2300-800 BCE)


La culture Andronovo s'est étendue de 2300 à 800 BCE sur la quasi totalité du Kazakhstan contemporaine, sauf sur sa partie européenne à l'ouest du fleuve Oural. De multiple sites archéologiques ont été trouvés qui comportent des caractéristiques analogues. On les retrouvent principale au bord de petites rivières.
La culture Andronovo se caractérise par trois périodes qui présentent des différences dans la réalisation des poteries et les conditions d'inhumation et qui sont nommées :
  • Petrovka-Sintashta (2300-1500 BCE)
  • Alakul et Fedorovo (1500-1300 BCE)
  • Karasuk (1300-1000 BCE)
Les andronoviens se rassemblaient en petit village fortifiés. Les fortifications disparurent et les villages prirent une forme circulaire. On trouve des villages de 20 à 100 maisons, qui sont des habitations de 100 à 130 m² semi enterrées, comportant un profond puits de stockage. Les maisons étaient disposées le long des rivières, d'une ou de deux rues ou en cercle.
L'économie de la culture Andronovo était basée sur une activité sédentaire. Ses individus pratiquaient l'élevage, en particulier des chevaux, et la culture du blé et de l'orge. Progressivement, elle pratiqua la transhumance des troupeaux et ses pasteurs furent les premiers hommes connus à utiliser la yourte.
Les andronoviens avaient développé un très bon niveau de métallurgie. Ils savaient exploiter les terres riches en minerais et les transporte dans des zones urbanisées. Il maitrisaient la métallurgie du bronze et réalisaient des bijoux de décoration.
Leur poterie était plus évoluée que la culture Afanasevo, car elle comportait des vaisselles à fond plat. Leur décoration était comportait des motifs plus complexe mais toujours linéaire.
On attribue à la culture d'Andronovo la création des chars avec deux roues à rayons (à partir de 2000 BCE), dont les exemplaires les plus anciens au monde ont été retrouvés dans deux de leurs nécropoles. Il est d'ailleurs vraisemblable que se soient les conducteurs de chars qui dominaient la société andronovienne.



Les morts étaient enterrés et leur sépultures recouvertes d'un monticule de grosses pierres, appelées Kurganes. Selon l'importance du défunt leur taille pouvait s'étendre jusqu'à 60 mètres. Des charniers ont été découverts avec des cadavres dans des postures pliés, enterrés avec des poteries richement décorées et des armes.
Les andronoviens pratiquaient des rituels et des sacrifices dans lesquels le feu et l'eau prenait une place importante. Les rituels funéraires associaient inhumation et crémation.
Des sanctuaires ont été retrouvés aux alentours d'Almaty dans des secteurs montagneux. De nombreux pétroglyphes ont été gravés sur la roche. Ils représentent des scènes de guerre, de chasse, mais aussi des rituels. On y a retrouvé les traces d'un culte du soleil et de Mithra, le dieu-soleil des indo-iraniens, particulièrement important pour les peuples des Steppes.



Dans la période la plus récente de la culture d'Andronovo, les individus étaient tous nomades. Les chercheurs considèrent que la culture Andronovo est à la source des civilisation aryenne, scythes, saraumates....



mercredi 8 juillet 2009

La Culture Afanasevo (3100-1800 BCE)

La culture Afanasevo (en vert à droite)

La culture dite Afanasevo, date des années 3100 à 1800 avant JC, soit de la fin de l'âge de cuivre au début de l'âge de bronze et est composée d'individus europoïdes/caucsoïdes. Cette culture a été découverte par des fouilles situées au sud de la Sibérie. On a retrouvé plus tard des signes de sa présence dans la partie occidentale de la Mongolie actuelle, au nord du Xinjiang, à l'est et au centre du Kazakhstan, c'est à dire, globalement autour de l'Altaï et en particulier au bord de l'amont des fleuves Ob et Yeniseï. Leur trace s'étendrait même au Tadjikistan et autour de l'Aral.

Leur économie reposait essentiellement sur la chasse, la pêche, l'élevage et l'agriculture. Des restes d'ovins domestiques, de bovins et de chevaux domestiqués ont été enregistrés, ainsi que ceux d'animaux sauvages. Ils étaient donc vraisemblablement pour partie nomade et pour une autre partie sédentaire.

L'artisanat est encore très primitif. Les céramiques sont en argile avec des formes simples et des décorations linéaires simples. La pratique de la poterie n'était qu'à ses débuts. La métallurgie également en était à ses balbutiements. Le cuivre pur et sans adjonction d'étain était travaillé. La culture Afanasevo ne connaissait donc pas le bronze. La forge était pratiquée, mais pas le moulage des métaux, attestant de l'impossibilité d'atteindre des hautes températures. Les instruments de travail sont principalement produit à partir de pierre et d'os.

Cette culture se particularise par ses inhumations. Les morts sont inhumés souvent en positions couchés sous des enclos rectangulaires ou coniques parfois recouvertes de dalles de pierre. Il a été également enregistré des objets en métal, des véhicules à roues et de la nourriture dans les sépultures. Lorsqu'un individu unique a été retrouvé dans une tombe, il s'agissait d'une femme. Par contre lorsque deux individus sont présents il s'agit d'un homme et d'une femme. Ce fait permet d'envisager que la société afanasévienne était de type patriarcale. L'épouse était probablement tuée pour reposer au coté du défunt.

Cette culture est souvent considérée comme une branche indo-européenne, possible ancêtre des Tokariens.

mardi 2 décembre 2008

Independance du Kazakhstan

Au XXème siècle, le Kazakhstan a été pendant plus de 70 ans une république sociale soviétique dépendante du régime central soviétique de Moscou.
La politique de Mikhail Gorbatchov, qui entreprit à partir de 1985 de mettre en place la Glasnost (transparence) et la Perestroika (restructuration) a fini par faire monter la contestation en Union Soviétique et a abouti à la chute du mur de Berlin (9 novembre 1989) et à l'implosion du bloc soviétique.
Les républiques du bloc soviétique déclarèrent les unes après les autres leur indépendance avec dans l'ordre chronologique :
  • Lituanie (11/03/1990),
  • Lettonie (20/01/1991),
  • Estonie (03/03/1991),
  • Géorgie (09/04/1991),
  • Ukraine (24/08/1991),
  • Biélorussie (25/08/1991),
  • Moldavie (27/08/1991),
  • Azerbaïdjan (30/08/1991),
  • Kirghizstan (31/08/1991),
  • Ouzbekistan (01/09/1991),
  • Tadjikistan (23/09/1991),
  • Turkménistan (08/12/1991)
Le Kazakhstan fut la dernière à avoir proclamée son indépendance, le 16 décembre 1991.
Le PCUS a été demantelé le 28/08/1991 et la dissolution de l'union soviétique a été proclamée le 21 décembre 1991.
Les autorités kazakhes ont soutenues jusqu'au bout l'appareil central soviétique. Le Kazakhstan n'a pas recherché cette indépendance mais était convaincue qu'il était possible de concilier les intérêts nationaux avec ceux de l'Union. Le putch d'août 1990 à Moscou à fini de convaincre les ex pays soviétiques que face à l'instabilité de la situation en Russie, il leur était devenu incoutounable de prendre en main leur destin.
Par la voie du président Nazarbaiev, le Kazakhstan a cependant été à l'initiative de la création de la CEI, qui a permis de rassembler 10 des 15 anciens pays du bloc.

vendredi 2 mai 2008

Equus Ferus

Représentation de l'Equus Ferus


L'Equus Ferus est un cheval sauvage, ancêtre du cheval domestiqué. Des scientifiques émettent l'hypothèse que le Tarpan (Equus Ferus Ferus) et le cheval de Przewalskii (Equus Ferus Przewalskii) sont tous deux des sous-espèces de l'Equus Ferus.


Le Tarpan (Equus Ferus Ferus) a vécu en Europe, de l'Espagne jusqu'en Russie centrale, depuis la préhistoire. La mort du dernier spécimen de Tarpan sauvage est rapporté en 1851 en Ukraine. La mort du dernier Tarpan captif est également rapporté en Ukraine, en 1918. En tout état de cause cette espèce a disparu récemment de la surface de la planète.
Les archéologistes estiment qu'il existait 3 types de chevaux pendant la période préhistorique en Europe dont le Tarpan. Ces chevaux font parties des peintures rupestres connues dans les grottes européennes. Après la fin de la dernière période de glaciation, la densification des forêts en Europe a fait diminuer le nombre de chevaux sauvages. Les Tarpans forestiers se sont adaptés en Pologne, les Tarpans des steppes en Russie et au Nord du Kazakhstan.
Il faut noter la grande résistance au froid négatif du Tarpan et des Equus Ferus en général, qui leur a permis de survivre à l'époque glaciaire et dans les steppes kazakhes. Il est à noter que le pelage du tarpan blanchit l'hiver.

Plus que le Przewalskii, le Tarpan est considéré comme l'ancêtre des chevaux domestiques actuels nommés Equus Ferus Caballus.

jeudi 1 mai 2008

Age de Pierre au Kazakhstan

Il a été retrouvé des restes paléolithiques de campements ouverts, généralement situés à proximité de dépôts alluvionnaires, en particulier au centre du Kazakhstan, au Sud-Ouest et le long des côtes de la Mer Caspienne.

De la période néolithique restent des camps et des cimetières, proche de sources ou de puits.

La culture Botaï (3700-2300 BCE)

Pendant l'énéolitique (période transitoire entre le néolithique et l'âge de bronze, encore appelée chalcolithique) apparut la première culture connue en terre kazakhe : la culture Botaï.

La culture Botaï est révélée par 5 sites au Kazakhstan : Botaï, Krasnyi Yar, Roshchinkskoe et Vasilkovka.
Les hommes de cette culture étaient de type européeens et principalement des chasseurs. Il chassaient notamment le cheval (Equus Ferus) avec des arcs et des harpons. Ils utilisaient la peau des chevaux pour fabriquer des vêtements et leurs os pour réaliser outils et instruments.

Reconstitution du visage d'un homme de Botaï (Carnegie Museum of Natural History)

Ils vivaient dans des trous qu'ils réhaussaient d'une ossature en bois pour la toiture. Les maisons ainsi bâties composaient de petits villages attestant l'état sédentaire de leurs habitants. Aucun indice ne laisse penser que les hommes de Botaï vivaient de cultures.

Reconstitution numérique du village de Krasnyi Yar (Carnegie Museum of Natural History)

Le site de Krasnyi Yar livre des indices quand à la possibilité que cette culture soit la première à avoir domestiqué le cheval . En effet, a proximité des habitations se trouvent des zones très riches en phosphore, caractéristiques à l'évolution de chevaux dans des espaces réduits. Cette découverte permet d'affirmer au minimum que les hommes de la culture Botaï maîtrisaient le maintien en captivité des chevaux et à cet effet, construisaient des enclos. L'absence d'instruments équestres de ces fouilles qui auraient permit à ces hommes de monter et diriger des chevaux n'exclut pas l'hypothèse qu'une domestication ait pu avoir lieu par l'usage d'instruments que le temps aurait dégradé.

Le site de Botaï a livré 300 000 ossements dont 99% de ceux qui étaient identifiables proviennent de chevaux. Les chevaux ont la capacité à résister aux températures négatives. Les hommes avaient ainsi une ressource alimentaire tout le long de l'année.

Les scientifiques du Carnegie Museum pensent que la culture Botaï a effectivement réussi a domestiquer le cheval. Ce faisant, il aurait été bâti une économie centrée sur celui-ci. Il serait également possible qu'en cette période, ces gens buvaient une boisson à base de lait de cheval fermenté utilisée encore de nos jours par les kazakhs sous le nom de koumiss.

Le site de Botaï est localisé sur la rivière Iman-Burluk dans l'oblast Kokshetav. Il est composé de 158 trous. Le site de Krasnyi Yar dispose de 54 trous et celui de Vasilkovka, 44 (Pr Olsen 2006).

Histoire des Steppes Kazakhes

Les steppes Kazakhes ont vu se croiser et se succéder de nombreuses cultures et populations. C'est ce qui fait la richesse de l'histoire du Kazakhstan. A l'origine peuplée d'individus de types europoïdes les steppes ont vécu une arrivée progressive d'individus de type mongoloïde à partir de 500 BCE. Il semble qu'une assimilation de ces nouvelles populations se soit mise en place jetant peut-être les bases d'une cohabitation pacifique vécue comme telle encore de nos jours.
En consultant les quelques phases importantes de l'histoires des steppes kazakhes, vous trouverez l'explication de ce qui fait que le Kazakhstan d'aujourd'hui est cité à travers le monde comme un exemple de concorde interethnique et interconfessionnel et pourquoi ce pays se félicite de voir coexister sur son territoire 130 nationalités.
Les grandes phases historiques des steppes kazakhes :

mercredi 27 février 2008

Démographie du Kz

Avant de poster mes commentaires je vais déjà essayer de vous présenter quelques chiffres qui vous permettront de comprendre l'évolution de la démographie au Kazakhstan. Rappelez-vous que ce pays est grand comme 5 fois la France et que sa population est 4 fois moins nombreuse.

1897 4 148 000 hab (dont 3 393000 kazakhs - 82%)
1914 5 910 000 hab (dont 3 825 000 kazakhs - 65%)
1926 6 500 000 hab (dont 3 700 000 kazakhs - 57%)
1939 6 100 000 hab (dont 2 300 000 kazakhs - 38%)
1959 9 300 000 hab (dont 2 800 000 kazakhs - 30%)
1970 13 000 000 hab (dont 4 200 000 kazakhs - 32%)
1979 14 700 000 hab (dont 5 300 000 kazakhs - 36%)
1989 16 500 000 hab (dont 6 600 000 kazakhs - 40%)
1999 15 000 000 hab (dont 8 000 000 kazakhs - 53%)
2006 kazakhs - 59%
2008 15 700 000 hab - estimation

Jusqu'au début des années 50, la part de la population Kazakhe a fortement diminuée sur son territoire. Ceci s'explique par plusieurs raisons historiques qui trouvent essentiellement leur origine dans les années 1929-1933 où les kazakhs ont dû affronter une période d'instabilité importante. Ainsi la sédentarisation forcée des nomades kazakhs, la collectivisation des terres et des élevages ont rompu les équilibres économiques locaux, contribué à l'apparition répétée de famines (1922, 1926, 1929 à 1933) et entraîné un exode vers le grand pays voisin, la Chine. Au même moment, Moscou lancent des programmes industriels de grande envergure renforçant le flux migratoire russe vers le Kazakhstan.

En 1954, la campagne des "terres vierges" décidée par Kroutchev et ayant pour but de faire des steppes du Nord du Kazakhstan le grenier à blé de l'union soviétique, à ouvert un flux de paysans russes vers le Kazakhstan. Ces paysans venus en masse ont définitivement fait basculer la représentativité de l'ethnie kazakh au rang de minorité pour atteindre, au resencement de 1959, un plus de bas de 30% de la population totale présente en terre de Kazakhstan.

Si la représentation kazakhe a régulièrement augmentée depuis les années 60, l'indépendance du pays proclamée le 16 décembre 1991 a renforcée celle-ci par un double effet migratoire. Le premier fut le départ massif des russes du pays vers la Russie. Si certains se sont senti appelés par la mère-patrie, nombreux ont été ceux qui ont craint la politique de kazakhisation voulue par les autorités peu après l'indépendance. Le second effet migratoire fût le retour d'une partie de la diaspora kazakhe qui migra jusqu'en Turquie via la Chine.

Le resencement de 1999 a permis aux autorités kazakhes de démontrer un retour des kazakhs comme ethnie majoritaire dans le pays et ainsi de légitimer une intensification de la "kazakhisation" des institutions et de la vie sociale du pays.